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— Tu aurais dû voir Lili… Je ne me suis jamais senti aussi bien de ma vie…
Les deux jeunes femmes marchaient bras dessus bras dessous, mais on sentait que Cédrika aurait pu s’envoler tant elle se sentait légère et libérée du poids de son audition. Son corps d’hélium aspirait vers les hauteurs et seul le bras de son amie fut en mesure de la retenir à quelques centimètres du sol.
— Comme si tu venais d’avoir une révélation… Il va falloir un jour que tu acceptes ton talent Ced… Tu es fait pour jouer et tu l’as toujours été depuis que je te connais… Nous avions cinq ans et déjà tu t’inventais des personnages pour te fondre à eux comme si ta propre vie ne te suffisait pas…
Cédrika se rappela de cette époque où son père était lui-même comédien et qu’il jouait au théâtre. C’est elle, sa petite princesse, et non sa sœur qu’il amenait avec lui pendant ses longues heures de répétitions. Et c’est dans ce contexte qu’elle avait connu l’ivresse de la scène pour la toute première fois. La jeune femme s’empressa toutefois d’oublier ses douloureux souvenirs d’enfance pour retrouver la quiétude de son présent.
— Au début, j’ai senti que j’en faisais trop… Tu me connais, moi et ma démesure… Mais j’ai alors forcé mon esprit à penser uniquement à Roxane pendant une fraction de seconde… J’ai ainsi retrouvé mon calme et je suis devenu cette femme en compagnie de Christian…
― Wow! Ça devait être terrible… Et ce Christian, il était aussi beau que dans le film? Lui demanda Lori avec curiosité.
― Beau, je ne sais pas… Je ne sais plus… Je dirais mignon, mais pas vraiment mon genre…
Lori éclata de rire à nouveau et ne put s’empêcher de répliquer.
— Car tu as un genre de mec toi? Je crois qu’un homme doit avoir le côté énigmatique d’un Johnny Deep, la folie d’un Robin Williams, le corps d’un Brad Pitt et la sagesse d’un Hubert Reeves pour te plaire, le tout rehaussé d’une touche d’indifférence envers toi pour que tu puisses le quitter facilement en te disant que tu n’étais pas à la hauteur…
Cédrika sembla secoué un moment pas l’affirmation de sa meilleure amie.
— Tu exagères… Je n’ai simplement pas le même degré d’ouverture que toi envers les prédateurs masculins…
C’est à ce moment qu’elles croisèrent un jeune homme assis seul sur un banc du parc. Il avait les yeux fermés, un livre déposé sur les genoux, un sourire accroché au visage et Cédrika ne put s’empêcher d’imaginer les rêves qui devaient bercer cet inconnu.
Elles poursuivirent leur chemin, mais la jeune femme ne put s’empêcher de se retourner subtilement vers lui une dernière fois. C’est à ce moment qu’ils échangèrent leur premier sourire.
* Vous avez certainement des gens dans votre entourage qui savourent le silence d'une virgule ou le tumulte d'un point à la fin d'une phrase.
Si les mots sont les mystérieux passants de l'âme, ils ont toutefois besoin d'un regard pour exister...
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Ben
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